jeudi 15 octobre 2009

Nouveau site

Bonjour,

j'ai une bonne et une mauvaise nouvelles...

La mauvaise, c'est que vous ne lirez plus de blogue sur ce site. (Je rappelle qu'il s'agissait d'un site d'essai, question de me faire la main).

La bonne nouvelle c'est que vous pourrez lire plus de blogues, de différents auteurs, ainsi qu'avoir accès à plein de nouvelles, sur notre tout nouveau site de Cardinal Communication.

Venez nous voir!

Éric

mercredi 7 octobre 2009

Pourquoi des Autochtones aux élections municipales?


Plusieurs Autochtones ont brigué les suffrages dans le cadre des présentes élections municipales. Le phénomène est nouveau et a été rendu possible en raison d'une récente décision du Directeur général des élections d'ajouter sur les listes électorales municipales, les membres de communautés autochtones n'ayant pas le statut officiel de "réserve".

Conséquemment, un Algonquin, membre de la communauté de Lac-Barrière, a été officiellement élu cette semaine maire de la municipalité de Kipawa, en Abitibi-Témiscamingue.

J'imagine que ce candidat et les autres (notamment à Sept-Iles et en Gaspésie), posent se geste afin de réaliser un "stunt" politique, question de choquer l'opinion publique et de marquer, par l'absurde, leur affirmation nationale.

Autrement, ce serait une véritable aberration. Les Algonquins forment un peuple, une nation reconnue par l'Assemblée nationale du Québec et souhaitent entretenir avec la nation québécoise une relation de "nation à nation". Or, les municipalités sont des créatures de l'Assemblée nationale... des Québécois. Si les Algonquins veulent s'affirmer comme une nation distincte, ils ne devraient pas participer aux élections municipales.

D'aucuns me diront que des souverainistes québécois se présentent aux élections fédérales (le Bloc Québécois)...

lundi 28 septembre 2009

La dignité pour le peuple invisible


Amnistie internationale vient de lancer une campagne mondiale sur le thème « Exigeons la dignité ». Cette campagne aborde entre autres la question du logement mais également des droits fonciers des peuples autochtones.

Pour la première fois, les sections canadiennes anglophone et francophone ont été mises à contribution afin de documenter 4 cas de violation de droits fonciers impliquant des communautés autochtones au Canada (Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario et Québec).

En cliquant ici, vous aurez accès à la documentation relative au cas du Québec : les Algonquins de Winneway (Long Point First Nation, en Abitibi-Témiscamingue), cas sur lequel Aministie Internationale a plus particulièrement travaillé. Le cas de Winneway est d'ailleurs intéressant et, surtout, représentatif de l'injustice dont sont victimes les Algonquins depuis des siècles.

Ceux que le chanteur Richard Desjardins a appelé le "peuple invisible", sont en effet parmi les peuples autochtones les plus injustement traités au Canada. Vous connaissez probablement le cas de Kitcisakik, une communauté possédant ni eau potable, ni électricité; considérée comme des squatteurs sur leur propre territoire.

Winneway subi depuis longtemps le mépris des autorités gouvernementales et entreprises privées, notamment à l'égard du développement forestier. Depuis des années, les compagnies forestières, avec la bénédiction du gouvernement québécois, exploitent les forêts sur le territoire ancestral des Algonquins de Winneway, sans se soucier de leurs droits et de leurs intérêts.

Bravo à Amnistie internationale!

mardi 15 septembre 2009

Une mauvaise chronique


J'ai failli m'étouffer ce matin en lisant la chronique de Lysiane Gagnon dans La Presse (Deux mauvais choix de Harper). Pour dénoncer la nomination de Patrick Brazeau, l'ancien chef du Congrès des peuples autochtones (elle écrit "Congrès des peuples aborigènes"!), elle se sert d'un certain nombre de grossiers préjugés et d'un ton franchement condescendant. Notamment, elle n'emploi aucunement le terme "autochtone" ou "première nation", mais utilise plutôt le terme péjoratif "indien" qui, comme on le sait, peut être tout aussi insultant pour un Autochtone que l'utilisation du terme "nègre"...

Elle nous sert les vieux préjugés des "chefs de bande corrompus" et des Autochtones dépendants à l'alcool et à l'aide sociale. Pour elle, les Autochtones "s'enfoncent dans l'alcool et dans le trou sans fond de l'aide sociale"!

Que M. Brazeau ait fraudé le gouvernement canadien (c'est ce qu'elle prétend dans sa chronique), est une chose; mais quel est le rapport entre cette prétendue fraude d'un individu et les problèmes socioéconomiques que vivent les membres des Premières Nations? Il n'y en a aucun, sauf pour celui (ou celle) qui veut généraliser et classer les Autochtones dans la case des "profiteurs" et, tant qu'à y être de "sauvages"!

lundi 14 septembre 2009

Les Premières Nations au Moulin


Les Premières Nations étaient présentes et bien représentées lors de l'événement Le Moulin à paroles, qui a e lieu sur les Plaines d'Abraham en fin de semaine. On y a vu notamment le Grand Chef Wendat Konrad Sioui (sur la photo). Alors que plusieurs lisaient des textes à connotation "nationaliste" et faisaient l'éloge de la survie de la langue française et de la culture québécoise (ou canadienne française), les Premières Nations ont profité de l'occasion pour rappeler qu'elles étaient ici avant...

Dans des discours qui affirmaient leur propre nationalisme, les Premières Nations sont en effet venues rappeler qu'elles occupaient et possédaient ce territoire bien avec le débarquement des Français et de Anglais. Ghislain Picard, le Chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a notamment déclaré : "Il faut bien se rappeler ce qu’était le Canada avant l’immigration des colons français et anglais. Bien avant l’arrivée des Européens, l’Amérique du Nord était occupée par de nombreuses nations, établies dans diverses régions de la côte et à l’intérieur des terres. Ces territoires, nous les occupions depuis plus de 4000 ans. Mon peuple, les Innus, tout comme plusieurs autres Premières Nations, n’a jamais été conquis et n’a jamais renoncé à ces territoires. Notre seul péché est d’avoir consentis, il y a maintenant 400 ans, à quelques accommodements raisonnables."

On connait la suite...

mercredi 2 septembre 2009

Le projet de mine Osisko enfreint les droits des Algonquins


Le projet de mine Osisko enfreint les droits ancestraux des Algonquins, c'est écrit dans le ciel - ou plutôt, c'est écrit dans le sol.

Les faits: une entreprise privée, Osisko, veut exploiter une immense mine d'or à Malartic, en Abitibi-Témiscamingue. Pour ce faire, elle a fait toutes les demandes et respecté toutes les obligations prévues aux lois québécoises et canadiennes. Elle a aussi tenu différentes consultations, notamment avec différents intérêts régionaux. Elle a même invité les communautés algonquines de la région à exprimer leurs inquiétudes, comme elle l'a fait avec d'autrs "utilisateurs du territoire".

Le gouvernement du Québec a récemment (le 19 août) donné le feu vert au projet. Lors de l'annonce officielle, figurait le ministre Pierre Corbeil à titre de ministre responsable de la région... et qui est également ministre des Affaires autochtones!

Le problème: il n'y a eu aucune consultation spécifique menée auprès des communautés algonquines qui détiennent sur ce territoire des droits ancestraux et un titre aborigène - non-prouvés mais vraisemblables (selon moi, les Algonquins sont d'ailleurs les mieux placés au Québec pour faire la preuve d'un titre aborigène sur leur territoire ancestral).

Le défaut légal: il existe, en droit canadien, une règle juridique (décrétée et confirmée par la Cour suprême) à l'effet que les gouvernements ont l'obligation "de consulter et d'accommoder" tout groupe autochtone, possédant "un droit ancestral potentiel" avant tout projet qui risquerait d'affecter ce droit.

Or, c'est exactement le cas ici. Le gouvernement du Québec a octroyé un droit d'exploitation minière sans respecter son obligation de consulter et d'accommoder les algonquins concernés. Il s'en trouvera bien quelques-uns pour dénoncer l'attitude des Algonquins qui vont ainsi "bloquer un projet de développement important pour la région"... pourtant, nous vivons dans une société de droit et il serait simplement "normal" que les gouvernements respectent leurs obligations légales à l'égard des Premières Nations.

lundi 31 août 2009

Une maison à Ottawa pour les chefs?


Je reviens de vacances...
La semaine dernière, sur la Côte-Nord, j'ai entendu une rumeur qui circule à l'effet que les Chefs des Premières Nations possèdent tous des maisons (payées par le gouvernement fédéral, évidemment) à Ottawa !? On m'a dit que cette histoire circule depuis des années.

C'est la première fois que j'entends parler de cette rumeur. Je ne sais pas quelle est l'origine mais je me doute bien que c'est basé sur le préjugé selon lequel les "Indiens" (et surtou les Chefs Indiens) sont "grassement enrichis par les gouvernements (surtout, par les impôts des honnêtes contribuables canadiens) et jouissent de nombreux privilèges".

Évidemment, tout cela tient de la pure fantaisie et de tenaces préjugés. Et, même si j'étais convaincu de la stupidité d'une telle rumeur, j'ai fait quelques vérifications. Or, selon mes sources, aucun chef de Premières nations ne possède de maison à Ottawa. Tout ce que j'ai pu trouver, ce sont quelques avantages matériels consentis à certains chefs en vertu de certains traités historiques... tels que l'achat d'un complet neuf par année et le versement d'une rente annuelle de 5$ (mais ces dispositions n'ont pour la plupart pas été respectées par le gouvernement) !

Si quelqu'un connaît d'autres informations à ce sujet, je serais très intéressé de l'apprendre...

dimanche 9 août 2009

Populations ou peuples autochtones ? !


Aujourd'hui, 9 août, c'est la Journée internationale des populations autochtones. Cette Journée des populations autochtones a été décrétée par l'ONU en 1994 afin de souligner la création (le 9 août 1982) du Groupe de travail sur les populations autochtones (de la Sous-commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et la protection des minorités de la Commission des droits de l'Homme!) de l'ONU.

Vous aurez compris que population n'a pas le même sens que peuple, surtout dans le contexte de l'ONU. La Charte des Nations-Unies affirme que tous les peuples sont égaux et possèdent tous le droit à l'autodétermination.

Heureusement, depuis quelques années, l'ONU a commencé à modifier son vocabulaire et à utiliser l'expression "peuples autochtones". C'est notamment le cas dans la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, dont nous célèbrerons le 2e anniversaire le 13 septembre prochain. Je suis convaincu qu'avec le temps, nous oublierons le 9 août et que nous célèbrerons la véritable Journée des peuples autochtones... le 13 septembre!

mercredi 5 août 2009

Autre constat sur l'enfance désavantagée


Nous le savions mais Statistique Canada vient de publier les résutlats d'une étude qui confirme que les enfants autochtones sont nettement désavantagés par rapport aux autres enfants canadiens. En plus des problèmes de santé et sociaux déjà connus, l'étude démontre que les enfants autochtones " sont plus susceptibles de naître dans une famille à faible revenu, de vivre dans un logement en maucais état ou de vivre avec un seul parent que les autres enfants".

Ce n'est pas ce constat qui est troublant mais la réaction des gouvernements qui ne font rien pour changer la situation. Non seulement les communautés autochtones n'ont pas les ressources nécessaires pour diminuer cet écart, elles doivent souvent composer avec des ressources moindres que ce qui est disponible pour le reste de la population.

Prenez l'exemple de l'éducation: un enfant autochtone reçoit presque de 2 fois moins de financement (pour les services d'éducation dans les communautés) que les autres enfants fréquentant les écoles du réseau publi québécois. Pourquoi? Parce que le financement des écoles des Premières Nations vient du gouvernement fédéral (contrairement aux autres écoles qui sont financées par le gouvernement provincial), et que celui-ci affirme qu'il donne déjà beaucoup d'argent aux Premières Nations. Il leur impose même, depuis près de 15 ans, un plafond de 2% d'augmentation par année... ne tenant pas compte de l'explosion démographique, de l'inflation et de l'augmentation des coûts!

Les enfants autochtones méritent mieux...

vendredi 24 juillet 2009

APN: la nuit des longs couteaux


L'élection du nouveau Chef national de l'Assemblée des Premières Nations a été un véritable marathon ayant duré plus de 24 heures. La nuit du 22-23 juillet a été à la fois longue et courte. Évidemment, nous n'avons pas dormi. Entre chacun des tours, les équipes s'activaient à tenter de rallier des voteurs. Puisque les candidats étaient 50-50, l'objectif consistait à aller chercher le vote de l'adversaire tout en conservant ses appuis.

Pendant plusieurs tours, ce travail de lobby et d'influence s'est fait de façon professionnelle et respectueuse des personnes. Puis, la fatigue et le stress ont commencé à faire leur effet... le ton a soudain pris un tournant et les couteux sont sortis! C'est à ce moment que j'ai décroché.

De plus, même si l'élection de Shawn Atleo était évidente, Perry Bellegarde a décidé de s'accrocher et a refusé de concéder. Cette attitude lui a vallu de nombreuses critiques, surtout des Chefs du Québec. Elle lui a aussi fait perdre de nombreux appuis lors des derniers tours.

Heureusement, l'histoire s'est bien terminée. Après les résultats du 8e tour, Perry Bellegarde a dignement concédé la victoire et s'est rallié au vainqueur. Il a aussi lancé un appel clair à l'unité, rassurant ainsi ceux qui craignaient que la division du vote se matérialise en division réelle au sein de l'APN.

Il y aura toujours des mécontents, mais je suis convaincu que l'APN sort grandie de cette expérience... historique. À Shawn Atleo maintenant de démontrer que les Chefs ont eu raison de lui connfier leur appui.

mercredi 22 juillet 2009

Élection APN : les jeux sont faits


Hier, les candidats au poste de Chef national de l'Assemblée des Premières Nations se sont adressés aux Chefs et délégués. Perry Bellegarde a surement été celui ayant livré le meilleur discours, ce qui devrait lui permettre d'aller chercher des votes supplémentaires; probablement ceux perdus par John Beaucage, qui a livré un très mauvais discours. Shawn Atléo a été fidèle à lui même, ce qui lui permet de maintenir sa position de favori. À noter l'excellente performance de Terrance Nelson, qui a certainement gagné des votes, même s'il demeure un candidat secondaire... tout comme Bill wilson, qui n'a pas particulièrement brillé.

Les candidats ont aussi rencontré les différents caucus et multiplié les rencontres individuelles. On peut affirmer que les jeux sont faits. Aujourd'hui, c'est au tour des Chefs de s'exprimer en allant voter. Nous devrions connaître les résultats du 1er tour vers 13h (15h, heure de Montréal). Un 2e tour sera surement nécessaire, peut-être un 3e, le vainqueur devant receuillr 60% des voix.

mardi 21 juillet 2009

Un appui suprenant et intéressant de Stéphane Gendron


Le chroniqueur, animateur et maire d'Huntingdon, Stéphane Gendron, est souvent comparé à Gilles Proulx. Comme lui, il aime utiliser des expressions fortes pour exprimer son opinion. Il le fait généralement sans retenu. On le qualifie aussi de "populiste", tablant facilement sur les préjugés de l'opinion publique générale (contre les gouvernements, contre les chômeurs, etc.). On pourrait donc penser qu'il tomberait à bras raccourci sur les "Indiens", en les accusant de profiteurs du système et autres préjugés que l'on connait.

Or, ce n'est pas du tout le cas... et c'est même tout le contraire. Dans son billet d'aujourd'hui (Pour en finir avec la question amérindienne), Stéphane Gendron prend la parti des Premières Nations. Son billet est d'une grande lucidité et appel à réflexion. Je souhaite qu'il engendrera des retombées intéressantes.

lundi 20 juillet 2009

Qui succèdera à Phil Fontaine?

D'abord, mes excuses pour cette semaine d'inactivité... j'étais en congé!

Je suis sur le point de m'envoler pour Calgary, où aura lieu l'élection du nouveau Chef de l'Assemblée des Premières Nations. Les Chefs de toutes les communautés au Canada ont un droit de vote. Selon mes informateurs, la course pour la succession de Phil Fontaine (qui a décidé de ne pas se représenter) opposerai principalement Perry Bellegarde à Shawn Atleo.

Ayant été Chef de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, où l'on retrouve plus de 200 communautés (et autant de votes!), plusieurs estiment que Shawn Atleo a une longueur d'avance. De son côté, Perry Bellegarde a été Chef de l'assemblée équivalente en Saskatchewan (Federation of Saskatchewan Indian Nations). Les deux ont ainsi une longue carrière politique derrière eux, mais possèdent des personnalités très différentes. Perry Bellegarde a certainement gagné de nombreux votes au cours des dernières semaines grâce à un grand talent d'orateur et sa facilité de communiquer, autant en français qu'en anglais.

Les autres candidats sont:
John Beaucage (Ontario)
Terrance Nelson (Manitoba)
Bill Wilson (Colombie-Britannique)

Pour plus d'info, voir le site Internet de l'APN.

lundi 6 juillet 2009

L'histoire Le Clézio: l'essentiel oublié


En lisant toute ce qui a été écrit sur la publication de la lettre de Le Clézio dans Le Monde (voir billet "La Romaine fait parler d'elle en Europe", ci-bas), j'éprouvais un malaise que je n'arrivais pas à identifier. En lisant la lettre-ouverte d'André Dudemaine (Terres En Vues) parue ce matin dans Le Devoir (Cachez cette poète que l'on ne saurait entendre), j'ai réalisé ce qu'était ce malaise: le fait que l'on ait évacué l'essentiel du propos de Le Clézio, c'est-à-dire l'appui de cet écrivain célèbre à la bataille d'une extraordinaire poète innue, Rita Mestokosho, pour la sauvegarde d'un patrimoine naturel du Nitassinan. J'ai lu plusieurs éditorialistes s'attaquer à Le Clézio et à sa manière d'écrire, mais personne n'a écrit au sujet de Mme Mestokosho et très peu (voire aucun) n'ont tenté de retrouver la position des Innus, pourtant le sujet principal de la lettre de Le Clézio!

Bravo à André Dudemaine! Je n'aurais pas mieux écrit.

Les résultats officiels à Kahnawake

Grand Chef:
Michael Delisle Jr. : 715
Warren Lahache : 449

Chefs:
Ken McComber : 684 réélu)
Rhonda Kirby : 593 (réélue)
Lloyd Phillips : 561 (élu)
Martin Leborgne : 544 (réélu)
Kahsennenhawe Sky-Deer : 495 (élue)
John Dee Delormier : 494 (réélu)
Mike Bush : 487 (réélu)
Johnny Montour : 483 (réélu)
Peggy Mayo-Standup : 478 (réélue)
Carl Horn : 473 (élu)
Kaniatari:io Gilbert : 421 (élu)

samedi 4 juillet 2009

Kahnawake vote pour la continuité... sans tenir compte de l'injonction


Les résultats de l'élection du Conseil Mohawk de Kahnawake sont tombés ce soir, vers 22h15. Selon ces résultats, la communauté mohawk aurait choisi la continuité en ré-élisant le Grand Chef Michael Delisle jr., qui défait ainsi l'aspirant Warren Lahache.

La plupart des membres du Conseil ont aussi été réélus, hormis une ou deux exceptions. À noter aussi le retour de deux anciens Chefs, Lloyd Philips et Kaniateri:io Gilbert.

Le mandat du CMK est de trois ans.

Reste à voir maintenant quel impact aura la décision de la Cour fédérale qui a ordonné une injonction afin d'obliger l'ajout d'un troisième candidat (le traditionnaliste Keith Myiow) au poste de Grand Chef. Le Conseil Mohawk et le directeur des élections de Kahnawake ont refusé de se plier à la décision du tribunal, affirmant que les lois de Kahnawake ont préséance sur celles du Canada. Et, selon les informations obtenues, cette injonction n'aurait eu aucun impact sur la participation au scrutin. M. Myiow soutient néanmoins qu'il ira plus loin dans ses recours afin de faire invalider l'élection.

Une histoire à suivre...

jeudi 2 juillet 2009

La Romaine fait parler d'elle en Europe...


Une lettre ouverte de Jean-Marie G. Le Clézio, écrivain et Prix Nobel de littérature (2009), publiée aujourd'hui dans le grand quotidien Français Le Monde sous le titre "Quel avenir pour la Romaine?", a embarrassé le premier ministre Jean Charest de passage à Paris. M. Le Clézio écrit "Avec cet art de la division qui caractérise la conquête des espaces naturels, Hydro-Québec a réussi à convaincre une partie de la tribu innue de recevoir des indemnités. L'on peut comprendre que, devant l'ampleur du projet et les intérêts économiques colossaux qui sont en jeu, certains puissent renoncer à se battre. Que vaut la parole d'un autochtone contre la puissance d'une multinationale ?"

Il affirme également que "la destruction de la rivière Romaine reste néanmoins un drame irréversible dont personne ne peut mesurer les conséquences".

En guise de réponse, le premier ministre Charest a brandi une lettre de François Bellefleur, chef de la communauté innue de Nutaskuan, qui salue le projet de la Romaine et l'entente conclue entre sa communauté et Hydro-Québec.

M. Charest oublie de dire que la nation innue est composée de 9 communautés et que la parole d'un Chef n'est pas nécessairement représentatif de toute la nation. Il ne dit pas non plus que d'autres Chefs sont carrément contre le projet (une communauté fait présentement une demande d'injonction en Cour supérieure du Québec) et que d'autres, bien que favorable au projet, ont aussi soulevé de sérieuses inquiétudes.

Nouvelle stratégie de développement minier: en contradiction avec les droits des Premières Nations


La nouvelle stratégie minérale présentée cette semaine par le gouvernement de Jean Charest n'est pas conforme avec l'état du droit actuel en ce qui concerne les Premières Nations. Encore une fois, le gouvernement fait comme si les Premières Nations ne possédaient pas de droits ancestraux sur le territoire du Québec. L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador qualifie justement cette nouvelle politique gouvernementale de "opportunité manquée".

Le projet ne tient aucunement compte de l'existence sur le territoire de droits ancestraux protégés par la Constitution canadienne, notamment celui que l'on appelle le "titre aborigène", c'est-à-dire un droit au territoire lui-même (une forme d'usufruit), que plusieurs Premières Nations possèdent mais qui n'a pas encore fait l'objet d'une reconnaissance explicite par les gouvernement ou les tribunaux.

Aussi,la stratégie n'est pas tout à fait conforme à l'obligation constitutionnelle de la Couronne en matière de consultation et d'accommodation, telle que définie par le Cour suprême du Canada.

Enfin, le nouveau régime forestier serait en contradiction avec diverses dispositions internationales dont la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones, la Convention 169 de l'Organisation internationale du Travail et le Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux.

Chose certaine, la stratégie place les Premières Nations au même niveau que les municipalités québécoises. Or, les Premières Nations, avec le droit des peuples à l'autodétermination et du droit à l'autonomie gouvernementale (reconnue par le gouvernement fédéral depuis le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones).

mardi 30 juin 2009

PN vs Canadiens: l'écart des conditions continue de s'élargir

Les enfants des Premières Nations continuent d'être nettement désavantagés par rapport au reste de la population, notamment en matière de santé et de mortalité infantile. C’est ce que confirme un récent rapport de l'UNICEF.

Selon ce rapport, un enfant de Première Nation sur quatre vit dans la pauvreté contre un sur neuf dans le reste de la population et la mortalité infantile y est deux à trois fois plus importante. Alors que le taux de mortalité infantile nationale est de 5 pour 1 000, il est de 8 pour 1 000 chez les Autochtones et de 16 pour 1 000 au Nunavut, où 85% de la population est inuite.

Le rapport de l’UNICEF démontre ainsi qu’il existe toujours d’importantes inégalités en matière de soins aux Premières Nations, alors que ces mêmes communautés sont déjà aux prises avec de mauvaises conditions sociales, résultats d’une longue politique de colonisation dont la pierre angulaire est la Loi sur les Indiens.

Le rapport nous indique notamment que le taux de vaccination des enfants vivant dans les réserves est de 20% inférieur à celui de la population générale ; et que de 33 à 45% des enfants de Première Nation ou inuits souffrent de maladies chroniques. Le taux de fécondité des adolescentes autochtones est en outre sept fois plus élevé que dans le reste de la population.

Le rapport conclu que « la situation des enfants des Premières nations, des Inuits et des Métis, reste deux à trois fois plus affligeante que celle des autres enfants canadiens ».

Ce constat n’est pas acceptable, en 2009, dans un pays qui se dit l’un des plus évolués de la planète.

dimanche 21 juin 2009

Bonne Journée nationale des Autochtones !

Aujourd'hui, 21 juin, est la Journée nationale des Autochtones. Cette journée est célébrée par de nombreuses communautés autochtones au Canada. Depuis trois ans, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a trouvé une façon originale de marquer cette Journée en organisant une activité de sensibilisation pour des représentants de groupes de la société civile québécoise. Cette activité, nommée "Journée portes ouvertes sur les Premières Nations" a eu lieu, cette année, à Trois-Rivières.

Une centaine de personnes ont participé à cet événement qui a été suivi par quelques médias. Voici l'article de L'Hebdo Journal.