vendredi 17 octobre 2008

Un sommet des peuples autochtones francophones

Près de 40 représentants de différents peuples autochtones francophones venus de tous les continents se rencontrent pour les trois prochains jours dans le cadre du 2e Congrès de la Coordination autochtone francophone (CAF) organisé en collaboration avec l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, et qui a lieu en marge du Sommet de la francophonie.

L’objectif général du Congrès consiste à élaborer des recommandations pour formuler une stratégie servant à promouvoir les droits des peuples autochtones dans les pays francophones, avec l’aide d’ organismes internationaux des droits humains et d’instruments internationaux comme la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations Unies.

Plus précisément, le Congrès aborde les quatre (4) grands thèmes suivants en vue d’élaborer des recommandations à l’égard de la stratégie :

  • La protection des langues autochtones et de la diversité culturelle dans la francophonie;
  • La gestion des ressources naturelles et des industries extractives en territoires autochtones francophones : surexploitation forestière et minière, pollution des sols et des eaux;
  • L’impact des changements climatiques sur la vie des peuples autochtones dans les pays de la francophonie;
  • Les femmes autochtones et la parité dans les pays de la francophonie.

Cette rencontre nous rappelle que la vie au Québec n'est pas apparu il y a 400 ans...

samedi 11 octobre 2008

Les Premières Nations font campagne sur Internet

À l’instar des artistes québécois, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) amorce elle aussi une campagne de visibilité sur Internet, particulièrement par le biais de messages vidéo sur YouTube. « Il est important d’utiliser tous les moyens utiles afin que nous, les peuples invisibles du Québec, ayons aussi une voix dans cette campagne électorale », a déclaré le Chef de l’APNQL, Ghislain Picard, au dévoilement de la première capsule vidéo s’adressant aux partis politiques fédéraux.

L’APNQL désire ainsi prendre une part active dans cette campagne électorale et invite les partis à prendre position sur les sujets qui les concernent. « Au lendemain du vote, la question des
Premières Nations demeurera entière, comme le sera l’exaspération du leadership des Premières Nations sur l’indifférence du processus politique à l’endroit des questions qui occupent notre quotidien. Il est donc tout à fait légitime de se poser la question et d’essayer de savoir ce que ça prend pour faire bouger les choses », affirme le Chef Picard.

L’utilisation des moyens virtuels est apparue nécessaire après maintes tentatives infructueuses par le biais des médias traditionnels. Les clips vidéo abordant les sujets de l’habitation, de l’éducation, des conditions socioéconomiques et de la santé pourront être visualisés sur YouTube ou sur le site Internet de l’APNQL à l’adresse www.apnql-afnql.com et sur YouTube.

Nous pouvons que leur souhaiter bonne chance!

Tracer la voie de l'autonomie gouvernementale

L’Université de Montréal était l’hôte cette semaine d’une importante conférence portant sur le thème de l’autonomie gouvernementale autochtone. Une centaine de chercheurs et étudiants universitaires, de toutes disciplines, se sont réuni les 10 et 11 octobre, dans le cadre du projet de recherche « Peuples autochtones et gouvernance », dirigé par Pierre Noreau, professeur et chercheur au Centre de recherche en droit public (CRDP).

Ce regroupement constitue un des plus grands groupes de recherche sur les questions autochtones du Canada, réunissant des chercheurs en études constitutionnelles, en économie, en anthropologie, en philosophie et en science politique ainsi que de nombreux groupes autochtones du Canada.

Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) consacre 2,5 millions de dollars à ce projet visant à élaborer des modèles de gouvernance autochtone qui allient les conditions de la modernité et les traditions anciennes. Composée de 39 chercheurs provenant de 21 universités canadiennes, l’équipe de recherche travaille en collaboration avec de nombreuses associations autochtones afin de proposer des modèles de gouvernance autochtone et de relations entre les peuples autochtones et l’État.

Plus d’information disponible sur le site Internet www.pag-ipg.com.

mercredi 13 août 2008

Se souvenir de 10 000 ans de présence...

Le 9 août, décrété par l’ONU, est la Journée internationale des peuples autochtones. Pour la première fois, les Premières Nations du Québec ont souligné cette Journée en organisant un grand événement sur la Place D’Youville, à Québec. En cette année du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, les Premières Nations ont tenu à rappeler que la vie sur ce continent n’a pas commencé avec Christophe Colomb. Leurs ancêtres occupent se territoire depuis quelque 10 000 ans, soit bien avant l’arrivée de l’Homme Blanc.

Il y a 400 ans, ils ont accepté de partager le territoire avec les nouveaux arrivants. Ils ne se doutaient pas de ce qui allait leur arriver… Pendant plusieurs années, les relations ont été bonnes, respectueuses et mutuellement profitables. Malheureusement, les choses ont vite changé. Les Premières Nations se sont rapidement heurtées à des mesures assimilationnistes et discriminatoires; mesures qui ont encore échos en 2008. Les politiques colonialistes des gouvernements ont eu des conséquences néfastes importantes. Nous n’avons qu’à rappeler le scandale des pensionnats indiens, dont les effets se font toujours sentir aujourd’hui dans nos communautés.

Néanmoins, les Premières Nations demeurent présentes et incontournables dans la construction du Québec d’aujourd’hui et de demain. Elles peuvent être fières de leur langue, de leurs valeurs ainsi que de leur culture.

lundi 4 août 2008

Les Mohawks, tous des criminels?

J'ai été récemment estomaqué par des propos tenus deux journalistes respectés. Dans l'un, écrivant son blogue pour la revue L'Actualité, Michel Vastel affirme que : ''les Mohawks - en particulier ceux de Kanesatake - ne sont pas de vrais autochtones dont nous sommes tous prêts à reconnaître les droits fondamentaux. Ils sont des anarchistes doublés de dangereux criminels". Ce commentaire, pour le moins exagéré, me laisse perplexe et inquiet.

Dans un texte sur l'actualité sportive, le journaliste de La Presse, Réjean Tremblay, a fait un commentaire qui laisse aussi entendre que les Mohawks sont tous des criminels. Saluant le travail du Procureur de la Couronne qui a porté des accusations contre le fils de Patrick Roy pour son agression contre un autre gardien sur la patinoire, Réjean Tremblay écrit: "Peut-être pourrait-on dépêcher ce procureur courageux à Kahnawake et à Kanesatake? Si un crime est un crime? Non?" Ce commentaire, tout aussi gratuit qu'inutile, est l'illustration frappante d'un préjugé largement répandu dans l'opinion publique: les Mohawks sont tous les criminels, ils ne respectent pas les lois du Québec et ne sont jamais traduits devant les tribunaux.

Je ne suis plus étonné de lire ce genre de propos dans le Journal de Montréal. Mais que des journalistes respectés comme Vastel et Tremblay, utilise à leur tour le préjugé comme un gros ballon de plage, m’étonne et me choque.

jeudi 12 juin 2008

Les excuses du Canada devront être suivies de gestes concrets

Hier, le premier ministre du Canada a présenté ses excuses aux survivants des pensionnats indiens en raison des abus que ceux-ci ont subis. Ces abus sont bien connus et méritent certainement des excuses du gouvernement canadien.

Plus de 15 000 personnes (probablement plus) des Premières Nations du Québec ont connu cette période tragique, ont été arrachées de leur famille dès l’âge de 6 ans (parfois 5), pour être transportées dans un pensionnat, où elles devaient rester dix mois par année. L’objectif, clair et avoué, était d’assimiler le jeune autochtone à la société canadienne. La méthode était catégorique et cruelle. Les punitions physiques étaient fréquentes et atteignaient souvent des proportions inacceptables. Plusieurs y ont même perdu la vie.

Les pensionnats ont laissé des traces importantes. Ses effets dévastateurs sont perceptibles dans plusieurs communautés.

Les excuses du premier ministre et de tous les membres de la Chambre des Communes sont un baume mais ne représente certainement pas une finalité. Le Canada doit reconnaître que les pensionnats sont une composante, parmi bien d'autres, d'une politique d'assimilation qui existe toujours. Après ses excuses, le gouvernement doit donc passer aux actes. Voir un article intéressant sur le sujet.

Les Wendats

Même si les Européens leur avaient donné le nom de Hurons, à cause de leur chevelure en forme de hure (tête du sanglier), les Wendat eux-mêmes se sont toujours désignés sous l’appellation de Wendat qui signifie « les gens de l’île », en référence à leur région d’origine, dans la baie géorgienne des Grands Lacs, au sud-est de l’Ontario.

Les Wendat formaient à l’époque une confédération très puissante composée de quatre nations : celles de l’Ours, de la Corde, du Rocher et du Cerf. Cultivateurs de maïs, de courges, de fèves et de tabac à grande échelle, ils étaient également de bons commerçants et leur réseau s’étendait des Grands Lacs à l’Atlantique et de la Pennsylvanie à la baie d’Hudson. Leurs villages étaient sédentaires. Ravagée par des épidémies apportées par les Européens ainsi que par les guerres, la population des Wendat chuta dramatiquement au début du 17e siècle, passant enmoins de vingt ans de plus de 30 000 membres à quelques milliers de survivants. Fuyant la région des Grands Lacs, quelque 300 d’entre eux se réfugièrent à Québec en 1649. Ils s’établirent tout d’abord sur l’île d’Orléans jusqu’en 1657, avant de déménager plusieurs fois et de s’installer définitivement près de la rivière Saint-Charles sur le site actuel de Wendake, en 1697. C’est aujourd’hui la seule communauté de la nation wendat au Canada. Ses territoires de chasse sont situés au nord du Saint-Laurent, entre les rivières Saguenay et Saint-Maurice.

Aujourd’hui, on compte 3 012 Wendat dont environ la moitié demeure dans la communauté. Reconnus pour leur sens de l’hospitalité et de l’entreprenariat, les Wendat possèdent l’une des communautés autochtones les plus urbanisées et prospères au Québec. Les Wendat ont remplacé l’usage de leur langue d’origine par le français, mais ont à coeur de se la réapproprier.