lundi 4 août 2008
Les Mohawks, tous des criminels?
Dans un texte sur l'actualité sportive, le journaliste de La Presse, Réjean Tremblay, a fait un commentaire qui laisse aussi entendre que les Mohawks sont tous des criminels. Saluant le travail du Procureur de la Couronne qui a porté des accusations contre le fils de Patrick Roy pour son agression contre un autre gardien sur la patinoire, Réjean Tremblay écrit: "Peut-être pourrait-on dépêcher ce procureur courageux à Kahnawake et à Kanesatake? Si un crime est un crime? Non?" Ce commentaire, tout aussi gratuit qu'inutile, est l'illustration frappante d'un préjugé largement répandu dans l'opinion publique: les Mohawks sont tous les criminels, ils ne respectent pas les lois du Québec et ne sont jamais traduits devant les tribunaux.
Je ne suis plus étonné de lire ce genre de propos dans le Journal de Montréal. Mais que des journalistes respectés comme Vastel et Tremblay, utilise à leur tour le préjugé comme un gros ballon de plage, m’étonne et me choque.
jeudi 12 juin 2008
Les excuses du Canada devront être suivies de gestes concrets
Hier, le premier ministre du Canada a présenté ses excuses aux survivants des pensionnats indiens en raison des abus que ceux-ci ont subis. Ces abus sont bien connus et méritent certainement des excuses du gouvernement canadien.
Plus de 15 000 personnes (probablement plus) des Premières Nations du Québec ont connu cette période tragique, ont été arrachées de leur famille dès l’âge de 6 ans (parfois 5), pour être transportées dans un pensionnat, où elles devaient rester dix mois par année. L’objectif, clair et avoué, était d’assimiler le jeune autochtone à la société canadienne. La méthode était catégorique et cruelle. Les punitions physiques étaient fréquentes et atteignaient souvent des proportions inacceptables. Plusieurs y ont même perdu la vie.
Les pensionnats ont laissé des traces importantes. Ses effets dévastateurs sont perceptibles dans plusieurs communautés.
Les Wendats
Même si les Européens leur avaient donné le nom de Hurons, à cause de leur chevelure en forme de hure (tête du sanglier), les Wendat eux-mêmes se sont toujours désignés sous l’appellation de Wendat qui signifie « les gens de l’île », en référence à leur région d’origine, dans la baie géorgienne des Grands Lacs, au sud-est de l’Ontario.
Les Wendat formaient à l’époque une confédération très puissante composée de quatre nations : celles de l’Ours, de la Corde, du Rocher et du Cerf. Cultivateurs de maïs, de courges, de fèves et de tabac à grande échelle, ils étaient également de bons commerçants et leur réseau s’étendait des Grands Lacs à l’Atlantique et de la Pennsylvanie à la baie d’Hudson. Leurs villages étaient sédentaires. Ravagée par des épidémies apportées par les Européens ainsi que par les guerres, la population des Wendat chuta dramatiquement au début du 17e siècle, passant enmoins de vingt ans de plus de 30 000 membres à quelques milliers de survivants. Fuyant la région des Grands Lacs, quelque 300 d’entre eux se réfugièrent à Québec en 1649. Ils s’établirent tout d’abord sur l’île d’Orléans jusqu’en 1657, avant de déménager plusieurs fois et de s’installer définitivement près de la rivière Saint-Charles sur le site actuel de Wendake, en 1697. C’est aujourd’hui la seule communauté de la nation wendat au Canada. Ses territoires de chasse sont situés au nord du Saint-Laurent, entre les rivières Saguenay et Saint-Maurice.
Les Naskapis
Autrefois, les Naskapis étaient un peuple nomade qui tirait sa subsistance presque entièrement de la chasse au caribou et à d’autres animaux à fourrure, ainsi que de la pêche blanche. Pratiquant une chasse collective, ils suivaient les migrations des grands troupeaux de caribous sur les vastes territoires du Grand-Nord. Ils ont vécu au sud de la baie d’Ungava jusqu’au 19e siècle, avant de se déplacer vers Schefferville où un nouveau poste de traite avait été établi.
Inauguré en 1984 à la suite des accords de la Convention duNord-Est québécois (CNEQ), le village de Kawawachikamach est la seule communauté naskapie au Québec et au Canada. Il se trouve à quelques dizaines de kilomètres au nord-est de Schefferville, à proximité du Labrador et non loin de la communauté innue de Matimekosh. Ses 585 résidents composent la presque totalité de la nation naskapie. Tous parlent encore leur langue ancestrale, l’anglais étant la langue seconde. La CNEQ a accordé à la nation naskapie un droit exclusif de chasse et de pêche, ainsi qu’une indemnité financière. La Société de développement des Naskapis a été mise sur pied en 1979 pour administrer les fonds reçus et conclure différents partenariats. Depuis sa création, différents projets ont vu le jour et ontpermis aux Naskapis de participer à leur propre développement.Mais la fermeture de la ville de Schefferville et les pertes d’emplois qui en ont résulté ont assombri les perspectives économiques de la nation qui cherche encore des solutions pour se relever de cette impasse.
Culturellement et linguistiquement, les Naskapis s’apparentent pour beaucoup aux Cris et aux Innus.
Les Mohawks
La nation mohawk fait partie de la Confédération iroquoise des cinq nations (agrandie à six en 1720), dont le territoire, au 17e siècle, avait une superficie d’environ 35 000 km2. Ces nations, relativement autonomes, entretenaient des rapports constants et représentaient, ensemble, une force impressionnante. Excellents hommes de défense, les Mohawks étaient devenus les alliés des Anglais dans les guerres franco-anglaises, ainsi que leurs partenaires commerciaux. L’économie de subsistance des Mohawks était basée sur l’agriculture, l’artisanat et les activités traditionnelles de chasse, de pêche et de cueillette. Au contact des Européens, leur vie s’est radicalement transformée.
À partir du 17e siècle, les Mohawks se sont établis graduellement auprès de villages anglais. Après plusieurs déménagements, ils se sont installés en 1717 sur le site de Kahnawake. En 1721, un groupe s’est à nouveau déplacé vers un village algonquin du lac des Deux-Montagnes, nommé plus tard Kanesatake. La troisième communauté mohawk, Akwesasne, se trouve aujourd’hui à la frontière du Québec, de l’Ontario et des États-Unis.
La société mohawk traditionnelle est matrilinéaire, ce qui signifie que les liens de filiation sont établis selon l’ascendance maternelle et que les enfants appartiennent au clan de leur mère.
Les Micmacs
Au 15e siècle, les Mi’kmaq occupaient la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et la partie sud de la péninsule gaspésienne. Nomades, ils vivaient essentiellement de leurs activités de chasse, de trappe, de pêche et de cueillette de plantes et de fruits. Habiles navigateurs, ils voyageaient sur tous les cours d’eau de la région de la baie des Chaleurs et dans le golfe du Saint-Laurent jusqu’aux îles Saint-Pierre et Miquelon. L’arrivée des Européens, les maladies nouvelles que ceux-ci apportèrent et l’apparition de la traite des fourrures ont bouleversé le mode de vie traditionnel des Mi’kmaq, déclenchant guerres et autres catastrophes. Après avoir été décimés à presque 90 %, ils ont été également dépossédés de leurs territoires par l’avancée de la colonisation. Ce n’est qu’au 19e siècle qu’ils récupérèrent une toute petite partie de leur ancien territoire.
vendredi 30 mai 2008
Les Malécites
Les Malécites, dont le nom d’origine incertaine aurait été répandu par les missionnaires, se désignent plutôt sous l’appellation weastukwiuk qui signifie « de la belle rivière », en référence au fleuve Saint-Jean, entre le Nouveau-Brunswick et le Maine. De tradition semi-nomade, ils avaient leurs territoires de chasse et de pêche le long de ce fleuve et pratiquaient
Egalement l’agriculture. Tout en leur confisquant leurs territoires pour les concéder aux colons blancs, le gouvernement canadien a tenté de sédentariser les Malécites en 1827 en leur offrant des terres à Viger, près de la rivière verte, en Gaspésie. Une trentaine de familles s’y installent,
mais pour peu de temps, préférant retrouver leur liberté de mouvement. Viger est finalement revendu à des colons en 1869 et le gouvernement, à peine sept ans plus tard, crée une
autre réserve à Whitworth. Cette dernière, près de Rivière-du-Loup, ne compte que 169 hectares impropres à l’agriculture et les Malécites l’abandonnent rapidement. En 1891, Cacouna devient une nouvelle réserve, d’à peine un quart d’hectare.
Encore une fois, les Malécites choisissent d’autres horizons et se dispersent dans la région. C’est en 1987, après de nombreuses recherches, que 130 descendants se réunissent pour former un conseil de la nation et élire un chef. Officiellement reconnue en 1989 en tant que dixième nation autochtone du Québec, la Première Nation malécite de Viger oeuvre désormais activement pour la reconnaissance de ses droits.
Sa population atteint présentement près de 764 membres, identifiés selon le mode d’appartenance défini par la coutume malécite. La langue malécite, proche parente de l’abénaquis, n’est plus parlée et les Malécites s’expriment maintenant en français. Le territoire de la nation se limite aujourd’hui aux réserves de Whitworth et de Cacouna, la plus petite réserve au Canada. Les Malécites refusent de se voir confinés dans leurs réserves et celles-ci ne comptent aucun commerce ni résidence permanente.
